L’utilisation d’accélérateurs de particules pour des applications médicales conduit à l’activation de matériaux. Ces derniers, lors du démantèlement des installations concernées, constituent des déchets radioactifs dont la caractérisation précise est essentielle afin d’identifier les bonnes filières d’entreposage et de recyclage.

Tous ces aspects d’un grand intérêt pour la communauté ne peuvent pas être traités actuellement avec une bonne précision, car la seule méthode d’évaluation disponible consiste en la réalisation d’un contrôle sur site des pièces activées en utilisant des méthodes de mesure simples. Ce projet a comme objectif d’apporter une réponse adéquate à la gestion des déchets radioactifs issus du démantèlement des accélérateurs utilisés dans les applications médicales.

Objectifs

Mise en place d’une méthodologie reposant sur l’utilisation des codes de calcul les plus performants afin de déterminer précisément le spectre radiologique créé lors du fonctionnement des accélérateurs de radiothérapie. 

Sur la base des résultats obtenus pour les générations actuelles d’accélérateurs, des propositions d’amélioration seront formulées concernant la composition des matériaux qui pourront être utilisés dans la construction des nouvelles machines, d’une part afin de réduire la radioactivité globale induite, d’autre part de minimiser la création de radionucléides émetteurs β purs.

Identifier de nouveaux besoins en termes de données nucléaires de désintégration. Ainsi, la pertinence des bases de données sera améliorée au regard des applications liées au démantèlement des accélérateurs médicaux, et les codes de calcul utilisés gagneront en précision par l’intégration de données de qualité métrologique. 

Résumé et premiers résultats

La radioactivité induite dans les installations utilisant des accélérateurs dédiés aux applications médicales conduit à la création de déchets radioactifs dont la caractérisation précise est essentielle pour les opérations de démantèlement de ces installations afin d’identifier les bonnes filières d’entreposage et de recyclage. Le projet permettra la mise en place d’une méthodologie rigoureusement validée pour la détermination du spectre radiologique des pièces activées des accélérateurs médicaux.

Cette problématique n’a jamais été précisément traitée, les accélérateurs médicaux n’ayant pas une grande ancienneté. De fait, les aspects liés à leur démantèlement commencent juste à être abordés sous l’impulsion des principaux acteurs (exploitants, entités en charge de la gestion des déchets, sociétés en charge des chantiers) compte tenu de la taille du parc actuel.

La connaissance précise de l’activation induite permettra, outre une meilleure gestion des déchets issus du démantèlement des accélérateurs médicaux en définissant les bonnes filières, d’en optimiser les flux vers les différents entreposages ou réutilisations.

Au-delà du besoin exprimé par la communauté en France, ces travaux s’inscrivent dans un contexte plus large au niveau international. Le parc des accélérateurs médicaux dans le monde suit la même tendance croissante qu’au niveau national et les chantiers de démantèlement vont se multiplier les prochaines années. Grâce à ces travaux précurseurs dans le domaine, le LNE-LNHB en proposant une méthodologie précise et fiable pourra renforcer son positionnement à l’international.

Impacts scientifiques et industriels

  • Les travaux proposés auront un impact direct sur les aspects de la gestion des déchets radioactifs issus du démantèlement des accélérateurs médicaux, en assurant la précision adéquate des données qui sont à la base de la prise de décision concernant l’entreposage des pièces radioactives et le recyclage de celles présentant un niveau de radioactivité faible. Des bases de données comprenant les spectres radiologiques des composants des accélérateurs pour les deux principaux fabricants d’accélérateurs médicaux (VARIAN et ELEKTA) seront publiées, après accord des constructeurs.
  • Ce projet abordera également les améliorations à apporter au design des futurs accélérateurs de radiothérapie du point de vue de la quantité et la composition des déchets générés par leur fonctionnement. Des solutions alternatives seront proposées pour les compositions des matériaux afin de réduire le niveau de radioactivité induite avec une faible contribution des émetteurs β purs, très difficiles à mesurer contrairement aux émetteurs γ. Les résultats de cette analyse seront rendus accessibles à la communauté incluant les fabricants des accélérateurs et les futurs utilisateurs.
  • Les résultats de ce travail donneront accès à une information plus complète permettant un niveau de confiance accru entre les fabricants et les futurs exploitants avec la prise en compte désormais possible des aspects liés à la radioactivité induite et au coût du démantèlement ultérieur, souvent négligés lors de l’acquisition et l’installation d’un nouvel équipement.

Partenaires/Collaborations

  • Les travaux concernant les irradiations en champs de neutrons seront potentiellement réalisés en collaboration avec les équipes du CEA-DRF auprès de l’installation NFS du GANIL, et/ou celles LNE-LMDN de l’IRSN auprès de l’installation AMANDE.
  • L’objectif premier de ce projet étant de fournir des informations précises et consolidées pour assurer une meilleure gestion des déchets radioactifs dans le cas des accélérateurs médicaux, le LNE-LNHB continuera d’être en contact étroit avec les acteurs nationaux dans le domaine du démantèlement et notamment avec l’Andra (Agence Nationale de gestion des Déchets RAdioactifs).

Depuis déjà quelques années, les techniques avancées de radiothérapie font appel à des installations disposant de faisceaux de traitement de type photons, avec une haute énergie et délivrés avec des débits de dose très élevés. L'augmentation du débit de dose est réalisée en retirant le filtre égalisateur (appelé aussi cône égalisateur) qui est présent habituellement dans les systèmes de collimation des faisceaux dits standards, ou en en utilisant un d’épaisseur réduite. On obtient ainsi un faisceau sans filtre égalisateur de type "FFF", d'après l'abréviation des termes anglais « Flattening Filter Free ».

Lors des inscriptions aux campagnes menées par le LNE-LNHB d’étalonnage de dosimètres médicaux, la demande d’étalonnage pour des faisceaux « FFF » en plus des faisceaux conventionnels ne cesse d’augmenter. Or à ce jour, les étalonnages ne se font que sur des faisceaux conventionnels.

Cette étude a pour objectif la réalisation de références dosimétriques par calorimétrie eau dans les faisceaux de photons de haute énergie et de haut débit de dose (de type FFF) de l’accélérateur Varian TrueBeam du LNE-LNHB sur la plate-forme DOSEO.

Objectifs

Mesure primaire du débit de dose absorbée dans l’eau pour les faisceaux de photons de haute énergie et de hauts débits de dose correspondant à des faisceaux FFF.

Détermination et évaluation des différences entre résultats d’étalonnages de dosimètres obtenus à partir des mesures hauts débits (FFF) et ceux effectués au débit standard (conventionnels). 

Résumé et premiers résultats

Lors du traitement de tumeurs par irradiation externe au moyen de faisceaux de photons X de haute énergie produits par des accélérateurs, la dose absorbée à la tumeur est obtenue au moyen de programmes de calcul de planification des traitements. Ces derniers sont « alimentés » par une mesure de dose dans le faisceau de photons de l’utilisateur au moyen de dosimètres étalonnés dans les conditions de référence définies par les protocoles internationaux. Du fait de l’introduction de la technique de Radiothérapie Conformationnelle par Modulation d’Intensité (RCMI) avec des faisceaux de haut débit et plus globalement des nouvelles modalités de traitement avec des photons de haute énergie, les conditions de référence du protocole actuel sont de plus en plus éloignées de celles du traitement. Il est donc nécessaire d’établir de nouvelles références dosimétriques, dans des conditions plus proches de celles utilisées pour ces traitements, en particulier les faisceaux FFF.

Le but de l’étude engagée par le LNE-LNHB est d’établir des références dosimétriques spécifiques pour ces faisceaux en termes de dose absorbée de l’eau par calorimétrie dans l’eau, et d’utiliser les résultats obtenus pour mieux connaître les coefficients d’étalonnage des dosimètres des services de radiothérapie pour ce type de faisceaux.

Impacts scientifiques et industriels

Cette étude a pour but d’apporter des informations sur la variation du coefficient d’étalonnage de divers types de chambres d’ionisation entre les faisceaux conventionnels et les faisceaux FFF d’un Varian TrueBeam et ainsi d’augmenter les connaissances disponibles à ce sujet.

Partenaires/Collaborations

Partenariat avec le centre régional de lutte contre le cancer d'Angers, ICO - Site Paul Papin.

La thérapie par perfusion est la forme de thérapie la plus couramment utilisée dans les soins de santé. En raison de son application généralisée dans les soins de santé critiques, les erreurs de perfusion peuvent avoir des effets dramatiques, notamment en néonatologie. Il est donc important de bien maitriser le dosage, la mesure traçable du volume, du débit et de la pression dans les dispositifs d'administration de médicaments et les capteurs en ligne existants fonctionnant à des débits très faibles, jusqu'à 5 nL/min. Cela nécessite le développement de nouvelles méthodes d'étalonnage et l'extension de l'infrastructure métrologique existante. Il est également nécessaire d’étudier les débits à variation rapide, les propriétés physiques des mélanges de liquides et les phénomènes d'occlusion dans les systèmes à perfusions multiples afin d'éviter des résultats de mesure imprécis et, par conséquent, d'améliorer la sécurité des patients.

Objectifs

Développer de nouvelles techniques traçables pour générer des débits et mesurer la réponse des dispositifs d'administration de médicaments avec des fluctuations de débit, de 5 nL/min à 100 nL/min, en utilisant des liquides newtoniens

Améliorer les installations de débit existantes de mesure en ligne traçable de la viscosité dynamique des liquides newtoniens, en fonction du débit et de la différence de pression, avec une valeur d'incertitude élargie cible de 2 %

Développer et valider de nouvelles procédures d'étalonnage pour les dispositifs médicaux de débit existants avec traçabilité à un étalon primaire

Concevoir et développer un système de perfusion multiple contenant des clapets anti-retour, avec plusieurs options pour tester comment les liquides, de viscosités différentes, se mélangent et s'écoulent et comment cela affecte la concentration des médicaments

Résumé et premiers résultats

La participation de la métrologie française au sein de ce projet européen se fait essentiellement au travers de l'extension de la référence nationale aux volumes et débits dynamiques (liquides prélevés ou délivrés) de 600 ml/min jusqu'à 5 nL/min pour des liquides Newtoniens dont le débit varie rapidement, la caractérisation métrologique de dispositifs de délivrance de médicaments pour des débits de 5nL/min à 600 ml/min et la rédaction de guides de bonnes pratiques, procédures d'étalonnage, articles scientifiques, communications des résultats aux comités normatifs idoines. Un système de mesure optique de nano-débit de liquide est en cours de développement.

Site internet du projet

Impacts scientifiques et industriels

  • Développement de nouveaux services d'étalonnage qui présentent un intérêt direct pour les communautés d'industriels et d'autres utilisateurs (débits réguliers et des débits à variation rapide, qui seront utiles pour la caractérisation des dispositifs d'administration de médicaments)
  • Mise au point de nouvelles méthodes d'étalonnage basées sur l'optique qui auront un impact car ces méthodes seront diffusées à la communauté scientifique dans des publications : ces nouvelles méthodes d'étalonnage seront bénéfiques à la fois pour les laboratoires accrédités et pour les fabricants de dispositifs d'administration de médicaments
  • Fourniture de données aux commissions de normalisation pour mettre à jour les normes relatives aux différents types de pompes et les calibrateurs
  • Identification et de réduction des erreurs de dosage, dans les dispositifs d'administration des médicaments utilisés pour le traitement et le diagnostic des patients

Publications et communications

Batista E., Furtado A., Pereira J., Ferreira M., Bissig H., Graham E., Niemann A., Timmerman A., Ogheard F. et Alves e Sousa J., "New EMPIR project - Metrology for Drug Delivery", 19e Congrès international de Métrologie (CIM 2019), France, Paris, septembre 2019, DOI: 10.1051/metrology/201915004

Batista E., Furtado A., Pereira J., Ferreira M., Bissig H., Graham E., Niemann A., Timmerman A., Alves e Sousa J., Ogheard F., et Boudaoud A.W., “New EMPIR project – Metrology for Drug Delivery”, Flow Measurement and Instrumentation, Volume 72, 2020.

Ogheard F., Cassette P., et Boudaoud A.W., “Development of an optical measurement method for “sampled” micro-volumes and nano-flow rates”, Flow Measurement and Instrumentation, Volume 73, 2020.

Partenaires

  • IPQ (PT)
  • CETIAT (FR)
  • CMI (CZ)
  • DTI (DK)
  • METAS (CH)
  • NEL (UK)
  • NQIS (EL)
  • RISE (SE)

En Europe, les maladies cardiovasculaires constituent un défi majeur pour la santé : elles représentent environ 11 millions de nouveaux cas par an et contribuent à environ 1,8 million de décès. Les tests de laboratoire de certains biomarqueurs servent à orienter les traitements, mais la fiabilité est compromise par la variation des résultats entre les tests, pour un même marqueur de la maladie.

Objectif

Ce projet a pour principal objectif de développer des méthodes de référence et des matériaux de référence certifiés pour la standardisation d’un panel de biomarqueurs (ApoA-I, B, C-I, C-II, C-III, E et Apo(a) ) permettant d’évaluer de manière plus fine que les tests conventionnels le risque des développer des maladies cardio-vasculaires Il est également prévu d’évaluer la valeur ajoutée de ces dosages et plus généralement des méthodes d’analyse avancée de lipoprotéines par rapport aux dosages de lipides.

Résumé et premiers résultats

En 2015, 49 millions de personnes vivaient avec une maladie coronarienne, ce qui implique de surveiller régulièrement leur état de santé à l'aide de biomarqueurs cardiaques dotés de tests médicaux certifiés. Des paramètres importants pour la santé de ces biomarqueurs, ainsi que leurs concentrations respectives et les écarts admissibles, sont définis dans des directives telles que la «Richtlinie der Bundesärztekammer» (directive de l’Association médicale allemande). Les laboratoires cliniques doivent ensuite prouver leur capacité à mesurer ces quantités lors de comparaisons interlaboratoires. Cependant, les résultats de ces comparaisons sont incohérents : par exemple, la comparaison CM4/17 sur la troponine cardiaque (cTn) organisée par l'Institut de référence en bioanalyse a donné un coefficient de variation de 85%. Actuellement, des méthodes de quantification de la cTn sont disponibles, mais aucune méthode de référence ou valeur de référence n’existe. De plus, les méthodes disponibles ne sont ni normalisées ni harmonisées et, dans la plupart des cas, la molécule cible n'a pas été caractérisée en détail.

 

 

 

 

La Société européenne de cardiologie (ESC) a introduit des lignes directrices sur la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies coronariennes telles que l'insuffisance cardiaque aiguë et chronique. Les biomarqueurs tels que le peptide natriurétique pro-cérébral N-terminal (NT-proBNP) sont particulièrement importants pour l'évaluation du statut de l'insuffisance cardiaque. Pour les maladies coronariennes, les directives recommandent, entre autres, le MYO comme biomarqueur indicatif, en plus des tests médicaux standards de cTn. Le MYO dans le sang est un marqueur des dommages musculaires et ne se trouve généralement dans le sang qu'à de très faibles concentrations. Sa fonction de liaison à l'oxygène dans les tissus musculaires striés tels que les muscles cardiaques ou squelettiques est similaire à la fonction de l'hémoglobine dans le sang. Par conséquent, lorsque le muscle cardiaque est endommagé, la concentration de MYO dans le sang augmente. Cependant, comme il est également libéré lors d'autres lésions musculaires, il ne peut servir que de marqueur indicatif. Ainsi, des recherches à propos des variations de concentration de MYO lors de maladies cardiaques sont nécessaires.

Les apolipoprotéines jouent également un rôle important dans le métabolisme des lipides et dans les processus athérosclérotiques et sont des biomarqueurs importants pour l’évaluation du risque de maladie coronarienne. Cependant, à l'heure actuelle, les apolipoprotéines sont principalement mesurées dans des laboratoires cliniques experts et sont rarement utilisées pour le diagnostic en pratique clinique de routine. De plus, ces tests sont sensibles à la matrice et ne sont pas fiables dans certains états pathologiques. La mesure de biomarqueurs cardiaques avec des paramètres quantitatifs d'imagerie par résonance magnétique cardiaque (IRMc) est une nouvelle approche diagnostique. L’IRMc fournit des informations détaillées quantifiables sur la fraction d’éjection coronaire du patient, son volume diastolique final, son volume systolique final, son volume temps-cœur et sa masse cardiaque. Pour les patients atteints de coronaropathie, l'IRMc peut être utilisée pour quantifier l'étendue de l'infarctus aigu du myocarde par analyse volumétrique, ce qui permet de calculer la masse de tissu myocardique abîmé. Par conséquent, la comparaison des résultats de l'IRMc avec différentes techniques de diagnostic présente un grand intérêt pour l'estimation du risque de maladie coronarienne.

Le projet permettra ainsi de développer et documenter des procédures de mesure de référence pour la quantification traçable des protéines telles que la troponine cardiaque (cTn), la myoglobine (MYO), le peptide natriurétique cérébral 1-32, le peptide natriurétique cérébral pro-terminal (NT-ProBNP) et les apolipoprotéines, par spectrométrie de masse moléculaire et élémentaire couplée à diverses techniques de séparation. Ces procédures devront cibler des limites de quantification (LOQ) très basses pour ces biomarqueurs (par exemple, 10 ng / L à 100 ng / L pour cTn).

Des méthodes complémentaires telles que l'imagerie par résonance magnétique cardiaque (IRMc) en combinaison avec la tomographie par ordinateur devront être développées pour déterminer avec précision l'insuffisance cardiaque et la corrélation avec les résultats de l'analyse de biomarqueurs.

Impacts scientifiques et industriels

Promotion des méthodes développées dans le projet auprès des laboratoires, des fabricants de dispositifs médicaux et des associations médicales.

Réduction du risque de diagnostics incorrects,  du risque de décès de patients et contribution à réduire les coûts de soins de santé.

Partenaires

BAM (Allemagne), LGC (Royaume-Uni), PTB (Allemagne), UME (Turquie), Academisch Ziekenhuis Leiden (Netherlands), Assistance publique – Hôpitaux de Paris (France), Greater Glasgow Health Board (United Kingdom), Inst Cardiometabolisme Nutrition ICAN (France), Johann Wolfgang Goethe-Universität Frankfurt am Main (Germany), Stiftung für Pathobiochemie und Molekulare Diagnostik (Germany), Uppsala Universitet (Sweden)

Les maladies neurodégénératives (MND) constituent un défi majeur pour la société en matière de santé, avec chaque année plus de 9,9 millions de nouveaux cas de démence identifiés dans le monde. Un diagnostic plus précis et plus précoce permettrait un traitement plus efficace et améliorerait la prévision de la progression de la maladie.

Objectif

Evaluer et améliorer l’exactitude et la comparabilité des dosages de la protéine Tau pour permettre le diagnostic fiable et précoce de la maladie d’Alzheimer.

Résumé et premiers résultats

Les maladies neurodégénératives (MND) sont l’un des problèmes médicaux les plus pressants de notre époque, avec un nouveau cas toutes les 3,2 secondes. De nombreuses MND, en particulier les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, sont irréversibles et progressives. Outre leur coût socioéconomique élevé, ils nuisent gravement à la qualité de vie des patients et de leurs aidants. Un diagnostic précoce grâce à la mise en œuvre de programmes de dépistage, à l'identification de facteurs de risque et au développement de traitements modificateurs de la maladie est essentiel pour améliorer la qualité de vie des patients souffrant de MND.

L’objectif du projet est de faire progresser la quantification des biomarqueurs de MND dans les fluides biologiques en utilisant des méthodes peu invasives, pour développer des critères d’évaluation validés centrés sur la personne et axés sur le déclin des fonctions cognitives chez les patients atteints de MND et pour définir des prototypes de référence métrologique pour la cognition.

En 2018, Pfizer a mis fin à ses efforts pour développer de nouveaux médicaments pour les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, après de nombreux échecs d'essais cliniques. L'échec de ces essais est à attribuer à divers facteurs, notamment le manque de mesures précises et la faible implication de la cible dans le recrutement.

Les preuves suggèrent que les changements dans le cerveau associés à la maladie d’Alzheimer commencent plus de 20 ans avant l'apparition des symptômes et que le traitement de la maladie est plus efficace lorsqu'il est commencé tôt dans le processus. Bien que les outils et l'expertise permettant d'identifier certains des premiers changements cérébraux existent actuellement, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour affiner ces outils et établir leur précision, avant qu'ils ne puissent être utilisés en clinique.

Le programme Big Data for Better Outcome a été lancé en 2017 en Europe dans le but d'utiliser le Big Data dans le secteur de la santé et de promouvoir les critères d’évaluation centrés sur la personne. Ces dernières années, des progrès considérables ont été accomplis dans le domaine des biomarqueurs de MND dans les fluides biologiques. Deux biomarqueurs ont été approuvés par l'Agence médicale européenne pour des essais cliniques et inclus dans des directives de diagnostic. Des lignes directrices sur l'échantillonnage pré-analytique ont également été élaborées et le premier matériau de référence certifié MND a été introduit en 2017. Malgré tout, il est nécessaire de développer davantage les procédures de mesure de référence pour les biomarqueurs établis de MND, tels que tau, ainsi que de définir des seuils cliniques cibles pour l'identification de biomarqueurs.

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) à 3 Tesla est largement utilisée dans les cliniques pour confirmer le diagnostic du MND et peut fournir des informations précieuses sur la structure du cerveau et les changements dus aux MND. Les utilisations de l'IRM et de la spectroscopie à résonance magnétique (SRM) ont un potentiel élevé pour stratifier les patients atteints de MND aux premiers stades de la maladie, mais jusqu'à présent, la mise en œuvre était limitée par la forte incertitude de mesure et l'amplitude intrinsèque du signal (en particulier pour les neurométabolites) dans des intensités de champ de 3 T.

Ainsi le projet se propose de développer des critères d’évaluation novateurs et validés, centrés sur la personne pour le diagnostic précoce du MND axé sur le déclin des fonctions cognitives chez les patients. L'utilisation potentielle de telles évaluations cognitives dans les programmes de dépistage devrait également être évaluée.

Des protocoles améliorés d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et de spectroscopie (MRS) seront développés ainsi que des procédures de mesure de référence utilisant des techniques de résonance magnétique à très haut champ in vivo, afin d'identifier et de quantifier les biomarqueurs chez les patients atteints de MND. En outre, de nouvelles techniques seront développées afin d’augmenter la spécificité des méthodes d’IRM et de MRS pour la discrimination des MND. Par ailleurs, des méthodes validées et des étalons traçables pour la mesure précise des biomarqueurs de MND dans les fluides biologiques (incertitude cible <10%) seront développés. Cela devrait inclure le développement de nouvelles procédures de mesure de référence pour les biomarqueurs établis tels que le neurofilament (diagnostic précoce), les fragments de tau et tau phosphorylé (progression de la maladie) et la définition de seuils cliniques cibles pour l'identification de biomarqueurs.

Impacts scientifiques et industriels

Adoption de la technologie et de l'infrastructure de mesure par la chaîne d'approvisionnement des mesures, les organismes de normalisation (ISO/TC 212, Fédération internationale de chimie clinique (IFCC) et Comité mixte pour la traçabilité en médecine de laboratoire (JCTLM)) et les utilisateurs finaux (par exemple, laboratoires cliniques, hôpitaux).

Partenaires

LGC (Royaume-Uni), PTB (Allemagne), RISE (Suède), Centre Hospitalier Universitaire Montpellier (France) Charite - Universitaetsmedizin Berlin (Allemagne), Högskolan Kristianstad (Suède), Modus Outcomes SAS (France), Stichting VUmc (Pays-Bas), Universitätsmedizin Greifswald - Körperschaft des öffentlichen Rechts (Allemagne)

Le sepsis est le dysfonctionnement d'organes menant à une complication d’infections qui peut être fatale, et qui cause environ 700 000 décès par an en Europe et six millions dans le monde. Il est particulièrement important de disposer de tests de diagnostic in vitro permettant une identification rapide et viable du sepsis afin d’entreprendre un traitement adapté le plus rapidement possible et assurer un suivi efficace de la réponse du patient à celui-ci.

Objectif

Ce projet vise à améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge du sepsis à travers le développement de méthodes de référence pour le dosage de biomarqueurs. Le développement d’un système de référence pour la procalcitonine permettra d’évaluer et si besoin d’améliorer l’exactitude et la comparabilité des résultats obtenus à partir de différentes méthodes de dosage. Le développement d’une méthode de quantification simultanée de plusieurs biomarqueurs du sepsis permettra d’augmenter la fiabilité, la spécificité et la rapidité du diagnostic du sepsis.

Résumé et premiers résultats

En 2017, l'Assemblée mondiale de la santé et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont fait du sepsis une priorité mondiale en adoptant une résolution visant à améliorer, prévenir, diagnostiquer et gérer le sepsis. Le sepsis est une maladie potentiellement mortelle qui survient lorsqu'une réponse inappropriée de l'hôte envers une infection entraîne un dysfonctionnement ou une défaillance de plusieurs organes.

Environ 50 % des patients en soins intensifs le sont pour cause de sepsis, maladie pour laquelle le taux de mortalité est supérieur à 30 %. Le délai avant le diagnostic est le facteur critique dans la prise en charge de la sepsis: la fenêtre permettant d’instaurer un traitement approprié est supérieure à 6 heures.

La survie est également linéairement corrélée au temps écoulé avant le traitement par antibiotiques, et chaque heure de retard augmente les chances de mortalité de 7,6 %, ce qui rend indispensable un diagnostic rapide et fiable. Cependant, la septicémie est facilement confondue avec d'autres maladies, un fait exacerbé par l'absence de tests diagnostiques précis et rapides.

Pour remédier à cela, les nouvelles directives de l’OMS incitent les États membres à promouvoir la recherche sur le diagnostic et le traitement du sepsis, ce qui a conduit à plusieurs initiatives telles que le Forum international sur le sepsis et l’Académie européenne de la sepsis.

Les directives de diagnostic existantes combinent les symptômes et les signes pour estimer la probabilité de septicémie et orienter le choix du traitement. Actuellement, ces méthodes visent à stabiliser les patients tout en les traitant avec des antibiotiques à large spectre basés sur l'hypothèse qu'il existe une cause bactérienne. Pour qu’un patient survive, de telles interventions cliniques doivent être rapides, mais l'état actuel des connaissances signifie que cela doit être fait sans connaissance de l'étiologie microbienne.

Dans des situations cliniques plus difficiles, telles que les soins intensifs, le diagnostic peut être compliqué par une maladie préexistante du patient, ce qui peut le rendre vulnérable à une gamme beaucoup plus large d’agents pathogènes bactériens, viraux et fongiques. De plus, la résistance aux antimicrobiens peut entraver le traitement de la septicémie car les tests actuels ne permettent pas de détecter la résistance suffisamment rapidement.

L'amélioration de la technique dépend de l'amélioration concomitante de la justesse et de la rapidité des tests de diagnostic du sepsis existants, tout en développant la prochaine génération de tests de biomarqueurs et de tests microbiologiques.

Le projet se propose ainsi d’améliorer la traçabilité et l’exactitude des mesures de biomarqueurs (par exemple, protéine C-réactive et procalcitonine) utilisés pour le diagnostic du sepsis. Cela devrait inclure le développement de méthodes validées et de matériaux traçables, ainsi que la définition de plages de référence de biomarqueurs chez les patients présentant un risque de sepsis.

Un cadre métrologique et d'assurance qualité devra être développé pour les méthodes actuelles utilisées pour confirmer l'étiologie microbiologique du sepsis. Cela devrait inclure une évaluation de l'exactitude et de la reproductibilité des méthodes actuelles et la quantification des niveaux cibles de fidélité et de justesse requis pour une prise en charge adaptée des patients.

Les méthodes et les étalons développés permettront aux fabricants de diagnostic in vitro de respecter les exigences de la directive européenne 98/79/CE et du règlement 2017/747 relatives à la traçabilité métrologique des résultats de mesure.

Impacts scientifiques et industriels

Démonstration de la précision des technologies de diagnostics in vitro pour une utilisation clinique fiable dans les hopitaux.

Faciliter l'adoption de la technologie et de l'infrastructure de mesure développées dans le projet par la chaîne d'approvisionnement des mesures (laboratoires cliniques, hôpitaux), les organismes de normalisation et les utilisateurs finaux.

Partenaires

LGC (Royaume-Uni), METAS (Suisse), MIRS/NIB/FITO (Slovénie), NPL (Royaume-Uni), PTB (Allemagne), Assistance publique – Hôpitaux de Paris (France), Ben-Gurion University of the Negev (Israël), CEA (France), Great Ormond Street Hospital for Children National Health Service Trust (Royaume-Uni), Royal Surrey County Hospital NHS Foundation Trust (Royaume-Uni), Warszawski Uniwersytet Medyczny (Pologne)

La fiabilité des examens de biologie médicale représente un enjeu majeur de santé publique pour disposer d’un diagnostic fiable et adapter les traitements entrepris. C’est dans ce contexte que la réforme de la biologie médicale adoptée au printemps 2013 rend obligatoire l’accréditation par le COFRAC de tous les laboratoires de biologie médicale (LBM), publics comme privés, selon la norme ISO EN 15189 d’ici 2020. Ce référentiel implique l’utilisation de méthodes de dosages validées dont les résultats sont traçables aux unités du système international d’unités par le biais des méthodes de référence et des matériaux de référence certifiés d’ordre supérieur disponibles.

Objectif

Développer une plateforme de caractérisation de la pureté d’étalons primaires qui seront utilisés pour étalonner les méthodes de référence pour différents biomarqueurs. Ces méthodes de références seront utilisées pour produire des matériaux de référence certifiés permettant d’évaluer et d’améliorer la comparabilité des dosages réalisés par les laboratoires de biologie médicale.

Résumé et premiers résultats

La réforme de la biologie médicale de 2013 implique l’utilisation de procédures validées et dont les résultats doivent être raccordés à un étalon national ou international par le biais d’une chaîne ininterrompue de traçabilité métrologique. Actuellement, force est de constater que, contrairement aux autres domaines de la mesure, les résultats des examens de biologie médicale ne sont pas toujours traçables à des références reconnues internationalement (e.g. matériaux de référence certifiés ou méthodes de référence).

Les méthodes de référence permettent de déterminer les valeurs cibles associées aux échantillons de contrôle de qualité envoyés chaque année à l’intégralité des laboratoires de biologie médicale de routine pour évaluer leur performance. En l’absence de valeurs de référence, la valeur cible est une valeur consensuelle correspondant à la moyenne des résultats obtenus par l’ensemble des participants. Ceci conduit donc potentiellement à des erreurs d’interprétation, en particulier dans le cas où la majorité des laboratoires fournirait un résultat éloigné de la valeur vraie. Pour cette raison, le décret du 26 janvier 2016 stipule que les valeurs cibles associées aux échantillons de contrôle utilisés lors des Evaluations Externes de la Qualité (EEQ) doivent être ponctuellement déterminées avec une méthode de référence, lorsqu’elle existe. En lien avec les autorités de santé publique (DGS, ANSM, HAS), les leaders d’opinion et les cliniciens experts des domaines concernés, le LNE a initié depuis 2006 des travaux visant à évaluer et améliorer la fiabilité et la comparabilité des résultats d’analyses de biologie médicale.

Compte tenu du nombre considérable de paramètres mesurés en routine en biologie clinique, il est indispensable de prioriser les biomarqueurs pour lesquels une méthode de référence doit être développée. Les chiffres fournis par la sécurité sociale permettent d’identifier les analyses les plus fréquentes, les plus coûteuses et celles qui sont de plus en plus fréquentes. Afin d’optimiser la pertinence des projets initiés, un accent sera mis sur les biomarqueurs associés aux principales pathologies humaines. La valeur ajoutée d’un apport métrologique (par exemple dans le cas d’un biomarqueur où il existe une importante dispersion inter techniques), les collaborations potentielles avec des équipes hospitalo-universitaires et le lien avec les sociétés savantes permettront également de sélectionner et prioriser les biomarqueurs les plus pertinents pour maximiser la diffusion et l’impact des travaux.

La dissémination de la traçabilité apportée par les méthodes de référence d’ordre supérieur est principalement réalisée à travers les Matériaux de Référence Certifiés (MRC). Ce raccordement métrologique, bien que nécessaire, est insuffisant. En effet, pour ne pas rompre la chaine de traçabilité métrologique, il faut impérativement que les matériaux d’étalonnage soient commutables à des échantillons natifs (c'est-à-dire se comportent comme des échantillons de patients) afin de s’assurer qu’ils ne génèrent pas d’effets de matrice à l’origine de biais. De manière similaire, les échantillons de contrôle qualité ayant pour vocation d’évaluer la justesse des méthodes de routine doivent également présenter un niveau de commutabilité suffisant. En effet, la différence observée entre les résultats d’une méthode de référence et d’une méthode de routine pour un échantillon donné correspond à la somme du biais dû à la méthode et du biais engendré par les effets de matrice dus à l’échantillon. Pour évaluer rigoureusement la justesse des méthodes de routine, il faut donc s’assurer que les échantillons de contrôle soient commutables. Pour cette raison, la commutabilité des MRC produits dans ce projet sera systématiquement évaluée.

Le projet permettra donc de développer une plateforme de caractérisation de la pureté d’étalons primaires pour différents biomarqueurs, et pour certains d’entre eux, des méthodes de référence pour leur quantification et pour caractériser des MRC avec les méthodes ainsi développées. Des intercomparaisons nationales ou internationales seront organisées pour valider les méthodes de référence développées.

Le développement de méthodes de référence et la production de MRC ne prennent de sens que si celles-ci sont implémentées directement en pratique clinique courante et/ou réellement utilisées pour étalonner les méthodes de routine et/ou évaluer leurs performances, ce qui sera également l’objectif de ce projet.

Impacts scientifiques et industriels

  • Fournir aux patients des outils diagnostics plus performants et notamment des nouveaux marqueurs plus pertinents qui permettront d’identifier la pathologie concernée et le traitement le mieux adapté.
  • Améliorer la comparabilité des résultats de routine par un raccordement à des références reconnues internationalement.
  • Disposer d’outils plus performants pour effectuer le contrôle de qualité des méthodes.
  • Identifier la/les méthode(s) de routine ne présentant pas la justesse nécessaire pour permettre un diagnostic et/ou un suivi thérapeutique adéquat.

Partenaires

Abbott, Siemens, Beckman, ADx Neurosciences, AJ Roboscreen, Biomerieux, CDC, CEA Saclay, Children's Hospital Oakland Research Institute, CHU Montpellier, Diasys, Diazyme, ESPCI, EuroImmun, Fujirebio, Groupe de travail IFCC ApoMS, Groupe de travail IFCC CSF Proteins, Groupe de travail IFCC PCT, Hopital de la Pitié Salpetrière, HSA Singapour, IBL, Institut Curie, Leiden University and Medical Center, LipoScience / LabCorp, MSD, NIH, Promise, Quanterix, Quest Diagnostics, Roche, Sun Diagnostics, Thermo Fisher Scientific, Univ Washington, Univ. Uppsala, Univ. Götborg, Univ. of British Columbia, Univ. Pennsylvania, VAP Diagnostics Lab

Les maladies cardio-vasculaires (MCV) représentent la principale cause de mortalité en France comme dans les pays industrialisés. Elles sont essentiellement dues à l’athérosclérose, une pathologie évolutive qui conduit à la formation de plaques qui obstruent les artères. L’athérosclérose est multifactorielle, mais il est bien établi qu’elle est principalement induite par un excès de cholestérol, en particulier le LDL- cholestérol (aussi appelé « mauvais cholestérol).

La quasi-totalité des méthodes et matériaux de référence permettant d’assurer la traçabilité métrologique et la fiabilité des examens relatifs aux anomalies lipidiques portent sur la mesure du cholestérol total et très peu concernent le LDL-cholestérol (une sous-classe de lipoprotéines).

Objectif

Développer de nouvelles méthodes de référence et des matériaux de référence certifiés pour l’énumération des différentes sous-classes de lipoprotéines

Résumé et résultats

Les maladies cardio-vasculaires (MCV) représentent la principale cause de mortalité en France comme dans les pays industrialisés. Elles sont essentiellement dues à l’athérosclérose, une pathologie évolutive qui conduit à la formation de plaques qui obstruent les artères. L’athérosclérose est multifactorielle, mais il est bien établi qu’elle est principalement induite par un excès de cholestérol, en particulier le LDL- cholestérol (aussi appelé « mauvais cholestérol).

La quasi-totalité des méthodes et matériaux de référence permettant d’assurer la traçabilité métrologique et la fiabilité des examens relatifs aux anomalies lipidiques portent sur la mesure du cholestérol total et très peu concernent le LDL-cholestérol (une sous-classe de lipoprotéines). Ces méthodes sont pour la plupart basées sur un couplage chromatographie en phase gazeuse/spectrométrie de masse (GC/MS) avec mise en œuvre de la Dilution Isotopique pour assurer la traçabilité métrologique à la mole. Pourtant, les recommandations de bonnes pratiques relatives à la « Prise en charge thérapeutique du patient dyslipidémique » publiées en mars 2005 par l’AFSSAPS indiquent que « le LDL-C est un meilleur indicateur du risque coronaire que le cholestérol total ». Il n’existe néanmoins à l’heure actuelle qu’une méthode de référence pour le dosage du LDL-C, la Beta-Quantification, validée il y a plus de 10 ans par le « Center for Disease Control » (CDC, Atlanta, USA). Cette méthode peut être considérée comme obsolète en raison de son manque de spécificité et de son caractère indirect, la concentration en LDL-C étant obtenue à partir de celle du cholestérol total et de celle d’une autre sous-classe de lipoprotéines, les HDL (High Density Lipoprotein).

Il s’avère donc nécessaire de développer de nouvelles méthodes primaires de référence pour quantifier les LDL (Low Density Lipoprotein), qui constituent les principaux transporteurs du cholestérol dans le sang. Les LDL sont des assemblages supramoléculaires de forme sphérique dont la taille varie entre 7 nm et 50 nm, qui peuvent être considérés comme des nanoparticules biologiques. Plusieurs études cliniques ont montré que la dangerosité de ces particules dépend de leur taille, les plus petites étant associées à un risque plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires.

Image
Risque cardiovasculaire selon la quantité de lipoprotéines
Risque cardiovasculaire selon la quantité de lipoprotéines

L’objectif de ce projet a été de développer de nouvelles méthodes de référence et des matériaux de référence certifiés (MRC) pour l’énumération des différentes sous-classes de lipoprotéines. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet Européen SIB54 financé dans le cadre de l’EMRP et centré sur l’énumération d’entités biologiques de taille et de natures différentes :

  • comptage d’acides nucléiques par PCR (polymerase chain reaction) digitale ;
  • énumération de cellules par cytométrie en flux ;
  • énumération de particules athérogènes (travaux coordonnés par le LNE).

La principale activité du LNE a consisté à développer une méthode de comptage des lipoprotéines par SMPS (Scanning Mobility Particle Sizer), une méthode habituellement utilisée pour l’analyse de nanoparticules dans le domaine de la surveillance de la qualité de l’air. Une des étapes clés pour le développement d’une telle méthode réside dans la purification des échantillons biologiques.

Le projet a permis de démontrer que le nombre de particules LDL (LDL-P) et le nombre de particules non HDL (non-HDL-P) sont de meilleurs prédicateurs du risque de développer une maladie cardiovasculaire que le LDL-C et une cible complémentaire précieuse pour la thérapie.

En outre, il a été démontré que, pour les lipoprotéines plus petites, le risque de MCV est plus élevé : en plus de la concentration en lipoprotéines, il est donc utile de mesurer la taille des lipoprotéines pour obtenir les données les plus complètes sur le risque de MCV.

Pour répondre au besoin de chaînes de traçabilité dans le domaine des tests avancés de lipoprotéines, des normes appropriées et des méthodes de référence capables de décrire avec précision le profil des lipoprotéines et de fournir de nouvelles informations sur l'évaluation des risques de MCV sont nécessaires. À cette fin, le LNE a mis au point avec succès une plateforme d'analyse de lipoprotéines par ES-DMA (Electrospray-differential mobility analysis) dans le but d'évaluer le potentiel de cette technique à être reconnue comme méthode de référence principale pour le dénombrement absolu des lipoprotéines.

L’organisation d’une inter-comparaison sur les différentes techniques de dénombrement des lipoprotéines a permis de bâtir un réseau de laboratoires experts en analyse de lipoprotéines qui ont émis le souhait que le LNE continue à coordonner les activités relatives à la standardisation des mesures de lipoprotéines à l’échelle mondiale.

Par ailleurs, la méthode de dénombrement de lipoprotéines par SMPS développée au LNE a été validée mi-2016. Néanmoins, la caractérisation de cette méthode développée a montré que celle-ci souffre d’un certain nombre de limitations compromettant sa reconnaissance comme méthode de référence primaire. Malgré cela, cette méthode apporte des informations supplémentaires par rapport aux autres méthodes existantes et pourrait être utilisée avec succès dans un contexte clinique (analyse de cohortes) plutôt que métrologique (établissement de chaines de traçabilité).

Le projet a ensuite consisté à évaluer la comparabilité des dosages par ES-DMA et par d’autres techniques d’analyses avancées de lipoprotéines permettant de déterminer la concentration en nombre de lipoprotéines (RMN, LC/MS/MS, immuno-néphélométrie, etc…). Certaines méthodes ont été appliquées avec succès à l’analyse de cohortes de patients dans le cadre d’essais cliniques (notamment la RMN et l’ES-DMA) mais les résultats obtenus sont parfois discordants. Cette situation est non seulement due au fait que ces différentes méthodes reposent sur des principes physiques différents et ciblent des mesurandes différents.

Aussi, il est apparu nécessaire de comparer les résultats de ces différentes méthodes. Avec le soutien des leaders d’opinion du domaine, les partenaires industriels (Quest Diagnostics, Quantimetrix, Atherotech, LabCorp, LipoScience, Pacific Biometrics) et certains laboratoires académiques (NIH, CDC, Univ Washington, Univ Leiden, CHORI), l’organisation d’une intercomparaison internationale a permis de bâtir un réseau de laboratoires experts en analyse de lipoprotéines. Les résultats ont confirmé que la comparabilité des différentes méthodes de dosage du non-HDL-P était perfectible (CV inter-techniques d’environ 12%).

Ces travaux ont donné lieu à la création d’un nouveau groupe de travail de l’IFCC sur la standardisation des apolipoproteines. Enfin, une collaboration avec l’hôpital de la Pitié Salpetrière et l’Institut Hospitalo-Universitaire cardiométabolique ICAN a eu lieu, pour déterminer si les techniques d’analyse avancée de lipoprotéines permettent de personnaliser le traitement en fonction du profil lipoprotéique des patients et ce d’une manière plus fine que les biomarqueurs conventionnels. Les résultats ont montré que l’analyse avancée de lipoprotéines permet de mieux stratifier les patients.

Impacts scientifiques et industriels

- Proposition d’une nouvelle méthode primaire permettant d’évaluer plus finement le risque de développer des maladies cardio-vasculaires

- Fiabilisation du diagnostic

Publications

Comparability of lipoprotein particle number concentrations across ES-DMA, NMR, LC-MS/MS, immunonephelometry and VAP: In search of a candidate reference measurement procedure for apoB and non-HDL-P standardization. Delatour V, Clouet-Foraison N, Gaie-Levrel F, Marcovina S, Hoofnagle AN, Kuklenyik Z, Caulfield MJ, Otvos JD, Krauss RM, Kulkarni KR, Muniz N, Contois JH, Remaley AT, Vesper HW, Cobbaert CM and Gillery P Clin Chem, 2018;64(10):1485-1495. doi: 10.1373/clinchem.2018.288746

Apolipoprotein B measurement: Need for standardization Contois JH, Delatour V J Clin Lipidol 2018;12(2):264-265 doi.org/10.1016/j.jacl.2018.02.017

Establishing SI-Traceability of Nanoparticle Enumeration Techniques: A Case Study on Electrospray Differential Mobility Analysis Clouet-Foraison N, Gaie-Levrel F, Gillery P, Delatour V.J Anal Bioanal Tech 2017, 8:4 doi: 10.4172/2155-9872.1000370

Advanced lipoprotein testing for cardiovascular diseases risk assessment: a review of the novel approaches in lipoprotein profiling. Clouet-Foraison N, Gaie-Levrel F, Gillery P, Delatour V. Clin Chem Lab Med. 2017;55(10):1453-1464. doi: 10.1515/cclm-2017-0091.

Absolute Quantification of Bionanoparticles by Electrospray Differential Mobility Analysis: An Application to Lipoprotein Particle Concentration Measurements. Clouet-Foraison N, Gaie-Levrel F, Coquelin L, Ebrard G, Gillery P, Delatour V. Anal Chem. 2017;89(4):2242-2249. doi: 10.1021/acs.analchem.6b02909

Communications

Mai 2019 : Congrès IFCC, Barcelone (Espagne): Standardization of advanced lipoprotein testing: the BioSITrace project

Juillet 2018 : Congrès AACC, Chicago (USA) : BioSITrace crossplatform comparison of lipoprotein enumeration methods : towards standardization in advanced lipoprotein testing?

Mai 2019 : Congrès IFCC, Barcelone (Espagne): Standardization of advanced lipoprotein testing: the BioSITrace project

Avril 2017 : Spring Symposium of the Korean Society for Clinical Laboratory; Daejeon, Corée du Sud Laboratory test standardization in clinical chemistry

Aout 2016 Congrès AACC, International Lipoprotein Standardization Forum, Philadelphie (USA). BioSITrace crossplatform comparison of lipoprotein enumeration methods : towards standardization in advanced lipoprotein testing?

Décembre 2015  JCTLM stakeholders meeting, Sevres: Traceable lipoprotein counting for CVD risk assessment

Annual meeting of American Association for Clinical Chemistry, “Development of new reference methods and standards for advanced lipoprotein testing : is measurement traceability achievable?”, V. Delatour, Houston, Etats-Unis, Juillet 2013

Partenaires

LGC (GB), PTB (DE), INRIM (IT), NIB (SL), TÜBITAK (Turq.) LipoScience, Quest Diagnostics, TSI, Maine Standards

La réforme de la biologie médicale, adoptée au printemps 2013, rend obligatoire l’accréditation par le COFRAC de tous les laboratoires de biologie médicale (LBM), publics comme privés, selon la norme ISO EN 15189 d’ici 2020. Ce référentiel implique l’utilisation de méthodes de dosages validées dont les résultats sont traçables aux unités du système international d’unités par le biais des méthodes de référence et des matériaux de référence certifiés d’ordre supérieur disponibles.

Objectifs

Développer des méthodes de référence pour certains des principaux biomarqueurs analysés en biologie clinique.

Assigner des valeurs de référence aux échantillons utilisés dans le cadre d’évaluations externes de qualité afin d’évaluer la justesse des méthodes de routine.

Caractériser des matériaux de référence certifiés et évaluer leur commutabilité (capacité à se comporter comme des échantillons de patients).

Résumé et résultats

La fiabilité des analyses médicales représente un enjeu majeur de santé publique pour disposer d’un diagnostic fiable et adapter les traitements entrepris. Les LBM avaient l’obligation d’entrer dans la démarche accréditation d’ici le 31 octobre 2013 et devront avoir 50% de leurs activités accréditées d’ici 2016 et 100% en 2020. Ce référentiel implique l’utilisation de procédures validées et dont les résultats doivent être raccordés à un étalon national ou international par le biais d’une chaîne ininterrompue de traçabilité métrologique.

Les résultats des analyses de biologie médicale ne sont pas toujours traçables à des références reconnues internationalement (comme par exemple des matériaux de référence certifiés ou des méthodes de référence) et les incertitudes de mesure ne sont pas systématiquement évaluées. Cette situation est en contradiction avec la norme ISO EN 15189 mais aussi avec d’autres référentiels internationaux qui exigent que les valeurs associées aux matériaux d’étalonnage et de contrôle de la qualité soient traçables aux méthodes de référence et aux matériaux de référence certifiés disponibles comme le demande la directive 98/79/CE de l’UE relative aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.

Il est donc nécessaire de disposer de méthodes de référence pour le dosage des principaux biomarqueurs utilisés en biologie médicale. Partant du constat qu’il n’existe qu’un nombre très limité de méthodes de référence à l’échelle nationale, la Direction Générale de la Santé (DGS) a encouragé le RNMF à combler ce manque important. Cette dernière a estimé « prioritaire la mise au point d’analyses de référence, couvrant pour l’instant le champ des analyses courantes pratiquées dans les laboratoires de biologie médicale, proposant pour un paramètre donné la technique de référence, permettant ensuite de définir, en accord avec les experts médicaux de la discipline, les valeurs normales ».

La dissémination de la traçabilité apportée par les méthodes de référence d’ordre supérieure est principalement réalisée à travers les Matériaux de Référence Certifiés. Ce raccordement métrologique, bien que nécessaire, est insuffisant : pour ne pas rompre la chaine de traçabilité métrologique, il faut impérativement que les matériaux d’étalonnage soient commutables à des échantillons natifs afin de s’assurer qu’ils ne génèrent pas d’effets de matrice à l’origine de biais. De manière similaire, les échantillons de contrôle qualité ayant pour vocation d’évaluer la justesse des méthodes de routine doivent également présenter un niveau de commutabilité suffisant.

Les méthodes de référence envisagées pour les différents biomarqueurs considérés sont des combinaisons de différentes techniques : la chromatographie en phase gaz (GC), la chromatographie en phase liquide (LC), la dilution isotopique (DI), la spectrométrie de masse (MS) et la Spectrométrie à plasma à couplage inductif (ICP). Les couplages considérés sont : DI-GC/MS, DI-LC/MS, LC/MS, DI-LC-ICP/MS.

Des MRC ont été produits pour certains de ces paramètres (HbA1c) mais aussi d’autres biomarqueurs d’intérêt (glucose, créatinine, cholestérol total, triglycérides, cholestérol-HDL, cholestérol-LDL, hepcidine). Les approches statistiques pour l'évaluation de la commutabilité développée en lien direct avec le groupe de travail de l’IFCC ont été appliquées à la caractérisation de ces MRC mais aussi à d’autres échantillons de contrôle ayant été utilisés pour évaluer la justesse des méthodes de dosage utilisées dans les laboratoires de biologie médicale (Cystatine C).

Certains des MRC développés ont été utilisés dans le cadre du contrôle national de qualité obligatoire de 2016 auquel ont été tenus de participer l’ensemble des laboratoires de biologie médicale. Pour la première fois, le contrôle national de qualité des examens de biochimie générale a reposé sur des matériaux de référence certifiés commutables dont les valeurs cibles ont été déterminées au LNE avec des méthodes de références internationalement validées. Cette opération de contrôle a permis d’établir pour la première fois en France un état des lieux représentatif de la fiabilité de certains des examens de biologie médicale les plus prescrits en France. Les résultats publiés fin 2018 montrent que pour certains paramètres, certaines méthodes présentent des biais excédant les limites acceptables. Cette étude suggère également que les outils de contrôle de qualité actuels ne sont pas suffisants pour détecter ces défauts de performance et que l’utilisation de MRC commutables apporte une réelle valeur ajoutée dans le contrôle post-marquage CE des kits de dosage commercialisés par les industriels du diagnostic in vitro.

Impacts scientifiques et industriels

Les MRC commutables constituent un outil très puissant pour permettre aux industriels du diagnostic d’améliorer la qualité de leurs méthodes.

Ils permettent également aux fabricants d’échantillons de contrôle de qualité de choisir et d’optimiser les procédés de fabrication conduisant à l’obtention d’échantillons de meilleure qualité.

Publications

High polarity analytes in biological matrix: determination of urea and uric acid in human serum (CCQM-K109). Liu Q, Liu H, Chen Y, Yong S, Teo HL, WongL, Teo TL, Vamathevan V, do Rego E, Wollinger W, Fernandes J, Monteiro T, Garrido B, Violante F, Shi LH, He HH, Quan C, Xu B, Li HM, Dai XH, He YJ, Lo MF, Yip YC, Cabillic J, Delatour V, Ohlendorf R, Henrion A, Kawaguchi M, Kang D, Lee H, Arce Osuna M, Serrano V, Marcela Salazar Arzate C, Krylov A, Lopushanskaya E, Nammoonnoy J, Ceyhan Gören A, Gündüz S, Yilmaz H, Mussell C, Warren J, Pritchett J, Lippa K, Nelson M, Toman B, T Sniegoski L and Duewer D. Metrologia 2019; 56:08006 doi.org/10.1088/0026-1394/56/1A/08006

 

Letter to the Editor regarding "Achieving comparability with IFCC reference method for the measurement of hemoglobin A1c by use of an improved isotope-dilution mass spectrometry method" Clouet-Foraison N, Gillery P, Delatour V. Anal Bioanal Chem. 2017;409(24):5789- 5790. doi: 10.1007/s00216-017-0513-5

 

Trueness assessment of glycated hemoglobin HbA1c routine assays: are lyophilized EQA materials up to the job? V Delatour, N Clouet-Foraison, S Jaisson, P Kaiser and P Gillery. Soumis à Clin Chem Lab Med

 

IFCC Working Group Recommendations for Assessing Commutability Part 1: General Experimental Design. Miller WG, Schimmel H, Rej R, Greenberg N, Ceriotti F, Burns C, Budd JR, Weykamp C, Delatour V, Nilsson G, MacKenzie F, Panteghini M, Keller T, Camara JE, Zegers I, Vesper HW. Clin Chem. 2018;64(3):447-454. doi: 10.1373/clinchem.2017.277525

 

IFCC Working Group Recommendations for Assessing Commutability Part 2: Using the Difference in Bias between a Reference Material and Clinical Samples. Nilsson G, Budd JR, Greenberg N, Delatour V, Rej R, Panteghini M, Ceriotti F, Schimmel H, Weykamp C, Keller T, Camara JE, Burns C, Vesper HW, MacKenzie F, Miller WG. Clin Chem. 2018;64(3):455-464. doi: 10.1373/clinchem.2017.277541

 

IFCC Working Group Recommendations for Assessing Commutability Part 3: Using the Calibration Effectiveness of a Material. Budd JR, Weykamp C, Rej R, MacKenzie F, Ceriotti F, Greenberg N, Camara JE, Schimmel H, Vesper HW, Keller T, Delatour V, Panteghini M, Burns C, Miller WG. Clin Chem. 2018;64(3):465-474. doi: 10.1373/clinchem.2017.277558

 

Commutability Assessment of External Quality Assessment Materials with the Difference in Bias Approach: Are Acceptance Criteria Based on Medical Requirements too Strict? Delatour V, Liu Q, Vesper HW. Clin Chem. 2016;62(12):1670-1671 doi: 10.1373/clinchem.2016.261008

 

Reference methods and commutable reference materials for clinical measurements. Delatour V, Martos G, Peignaux M, Lalere B, Vaslin-Reimann S. Proceedings of the International School of Physics Enrico Fermi 2017;196:1-8 doi 10.3254/978-1-61499-818-1-1

 

Reference measurement systems for biomarkers: towards biometrology. Delatour V, Martos G, Cabillic J, Peignaux M, C Perrot, C Fallot, Lalere B, Vaslin-Reimann S. Proceedings of the International School of Physics "Enrico Fermi" 2017;196:9-27 doi 10.3254/978-1-61499-818-1-9

 

Apport de la métrologie avancée à l’évaluation et à l’amélioration de la fiabilité des examens de biologie médicale. Delatour V. Annales des Mines - Réalités industrielles, 2017;2(1):19-23

 

Développement d’une méthode primaire pour la détermination du fer total dans du sérum. Palos M, del Castillo ME, Hattchouel JM, Pannier F, Fisicaro P, Vaslin-Reimann S. Revue Française de Métrologie 2015; 40(4):41-50); doi : 10.1051/rfm/2015015

 

Comparison of potential higher order reference methods for total haemoglobin quantification-an interlaboratory study. Frank C, Brauckmann C, Palos M, Arsene CG, Neukammer J, Del Castillo Busto ME, Zakel S, Swart C, Güttler B, Stosch R. Anal Bioanal Chem. 2017;409(9):2341-2351. doi: 10.1007/s00216-016-0176-7

 

Détermination de l’hémoglobine totale par dilution isotopique ICPMS afin d’assurer la traçabilité métrologique en biochimie clinique. Palos M, del Castillo ME, Pannier F, Swart C, Brauckman C, Fisicaro P. 17th International Congress of Metrology doi: 10.1051/metrology/201509005

 

Final report for CCQM-K107: total elements and selenomethionine in human serum. Goenaga Infante H et al. 2016 Metrologia 53 08008. doi : https://doi.org/10.1088/0026-1394/53/1A/08008

Provisional standardization of hepcidin assays: creating a traceability chain with a primary reference material, candidate reference method and a commutable secondary reference material. Diepeveen LE, Laarakkers CMM, Martos G, Pawlak ME, Uğuz FF, Verberne KESA, van Swelm RPL, Klaver S, de Haan AFJ, Pitts KR, Bansal SS, Abbas IM, Fillet M, Lefebvre T, Geurts-Moespot AJ, Girelli D, Castagna A, Herkert M, Itkonen O, Olbina G, Tomosugi N, Westerman ME, Delatour V, Weykamp CW, Swinkels DW. Clin Chem Lab Med, 2018 doi: 10.1515/cclm-2018-0783.

 

Impurity determination for hepcidin by liquid chromatography-high resolution and ion mobility mass spectrometry for the value assignment of candidate primary calibrators. Bros P, Josephs RD, Stoppacher N, Cazals G, Lehmann S, Hirtz C, Wielgosz RI, Delatour V. Anal Bioanal Chem. 2017;409(10):2559-2567. doi: 10.1007/s00216-017-0202-4

 

Quantification of hepcidin-25 in human cerebrospinal fluid using LC-MS/MS. Delaby C, Bros P, Vialaret J, Moulinier A, Delatour V, Gabelle A, Lehmann S, Hirtz C. Bioanalysis. 2017;9(4):337- 347. doi: 10.4155/bio-2016-0240

 

Multicenter Evaluation of Cystatin C Measurement after Assay Standardization. Bargnoux AS, Piéroni L, Cristol JP, Kuster N, Delanaye P, Carlier MC, Fellahi S, Boutten A, Lombard C, González-Antuña A, Cavalier E; Delatour V. Clin Chem. 2017;63(4):833-841. doi: 10.1373/clinchem.2016.264325

 

Reference Method and Reference Material Are Necessary Tools to Reveal the Variability of Cystatin C Assay. Bargnoux AS, Kuster N, Delatour V, Delanaye P, González-Antuña A, Cristol JP, Piéroni L, Cavalier E. Arch Pathol Lab Med. 2016;140(2):117-8. doi: 10.5858/arpa.2015- 0198-LE

Communications

Mai 2019 : Congrès IFCC, Barcelone (Espagne): Standardization of advanced lipoprotein testing: the BioSITrace project

 

Février 2019 : LabQuality Days, Helsinki (Finlande) - Quality Control Reinvented? Commutable Certified Reference Materials for Next Generation Accuracy-based EQA Schemes

 

Avril 2018 : Congrès de la société Suédoise de Biologie Clinique, Uppsala, Suède Importance of commutability in EQA schemes

 

Juin 2017 : Congrès IFCC, Athènes, Grèce : The importance of reference methods and commutability

 

Avril 2017 : Spring Symposium of the Korean Society for Clinical Laboratory; Daejeon, Corée du Sud Laboratory test standardization in clinical chemistry

 

Mars 2017 : Séminaire LABAC, Paris : EQAS relying on commutable CRMs

 

Juillet 2016 : Séminaire CEA, Saclay (France) : Valeur ajoutée de la métrologie pour le contrôle de qualité des analyses de biologie médicale

 

Juin 2016 : International School of Physics "Enrico Fermi", Varenna (Italie) Reference methods and commutable reference materials for clinical measurements Reference measurement systems for biomarkers : towards biometrology

 

Février 2016 : Colloque LABAC, Paris: Importance de la commutabilité et des valeurs cibles associées aux échantillons de contrôle de qualité en biologie médicale

 

Octobre 2015 : International Symposium on Biological and Environmental Reference Materials, Washington (USA) A commutability study coupled with a multicentric analysis of accuracy of glucose, creatinine, total cholesterol, total glycerides, LDL-C and HDL-C assays.

 

Septembre 2015 : Congrès international de métrologie. Détermination de l’hémoglobine totale par dilution isotopique ICP-MS afin d’assurer la traçabilité métrologique en biochimie clinique Marie Palos

Partenaires

Industriels commercialisant des kits de dosage : Beckman Coulter, Roche, Siemens, Abbott, BioRad, Menarini, Tosoh, Alere, Trinity Biotech, Sebia.

CHU de Reims, Université de Radboud (Pays-Bas).

En médecine nucléaire, la radiothérapie interne sélective est une technique qui consiste à délivrer une dose élevée à la tumeur tout en préservant les tissus sains. En général, l’activité d’un radiopharmaceutique administrée au patient est déterminée à partir d’une mesure réalisée à l’aide d’un activimètre. Cette pratique présente l’inconvénient de ne pas prendre en compte l’activité et la distribution réelles du radionucléide dans l’organe traité, conduisant à de fortes variabilités au niveau de la dose individuelle absorbée.

Objectifs

Développement et mise en œuvre  de méthodes de mesure pour la caractérisation dosimétrique de volumes de solutions radioactives sans connaissance préalable de leur activité massique.

Application de la méthode de mesure externe retenue dans l’étape précédente pour la caractérisation dosimétrique de résines chargées en 90Y, sans connaissance préalable de leur activité massique. Validations à partir des valeurs d’activité de solution mesurées avant mélange dans la résine.

Développement d’étalons de dose absorbée et d’activité sous forme de volumes de résine caractérisés avec les méthodes développées dans l’étude, dont les formes et les dimensions (de quelques cm3 à quelques dizaines de cm3) seront à préciser avec les utilisateurs (physiciens médicaux).

Résumé et premiers résultats

En médecine nucléaire, la radiothérapie interne sélective est une technique qui consiste à délivrer une dose élevée à la tumeur tout en préservant les tissus sains. L’activité du radiopharmaceutique administrée au patient est déterminée avant injection à partir d’une mesure réalisée à l’aide d’un activimètre. Cette pratique ne prend pas en compte l’activité et la distribution réelles du radionucléide dans l’organe traité, conduisant à de fortes variabilités au niveau de la dose individuelle absorbée. Une réponse à ce problème est le développement d’une dosimétrie personnalisée sur la base de l’imagerie quantitative tomographique TEP (tomographie par émission de positons) ou TEMP (tomographie par émission mono-photonique). Toutefois il n’existe pas de traçabilité métrologique pour l’activité estimée par ces méthodes.

L’étude a pour objectif de contribuer à l’établissement de cette traçabilité. Il s’agit de développer des étalons de dose absorbée et d’activité sous forme de volumes de résine dont les formes et les dimensions (de quelques cm3 à quelques dizaines de cm3) seront à préciser. Leur activité massique sera de l’ordre de quelques MBq/g. Le radionucléide utilisé dans le cadre de l’étude sera le 90Y (période radioactive de 2,7 jours), si besoin en présence du radionucléide père, le 90Sr (période radioactive de 29 ans), pour prolonger leur durée d’utilisation. L’incertitude-type visée ne doit pas dépasser 1,5 %. Elle devrait permettre de fournir aux physiciens médicaux un outil de validation précis pour les calculs de dose par imagerie quantitative, proche du niveau requis en radiothérapie externe.

Pour cela, il faudra développer et mettre en œuvre  des méthodes de mesure pour la caractérisation dosimétrique de volumes de solutions radioactives et de résines, indépendamment de la connaissance de leur activité massique. Les grandeurs dosimétriques envisagées sont la dose absorbée en « milieu infini », la dose moyenne absorbée dans le volume radioactif, la dose absorbée au centre du volume radioactif. Les méthodes utilisées feront appel à des mesures au sein de la solution radioactive par dosimétrie de Fricke et à des mesures effectuées à l’extérieur avec une chambre d’ionisation. L’obtention de ces grandeurs dosimétriques nécessitera d’effectuer des calculs Monte-Carlo. L’utilisation des codes pour ces applications sera validée via des mesures effectuées pour des solutions d’activité connue. La méthode de mesure externe sera mise en œuvre  pour la caractérisation dosimétrique de résines chargées en 90Y. Les résultats seront comparés à ceux obtenus à partir de l’activité pour des solutions d’activité mesurée avant mélange dans la résine.

A terme, l’application de la méthodologie développée sera étendue à d’autres radionucléides utilisés en imagerie quantitative (177Lu, 68Ga, etc.).

Impacts scientifiques et industriels

  • Réponse apportée au souhait émis par le Comité Consultatif Rayonnements Ionisants du CIPM (CCRI 2019) d’une implication plus forte de ses membres dans le développement de références pour le domaine de la médecine nucléaire, estimant que la marge de progrès possible est encore importante.
  • Renforcement des liens du LNE-LNHB avec la communauté de la radiothérapie interne.
  • Mise en œuvre  d’une nouvelle référence métrologique pour contribuer à l’établissement d’une traçabilité métrologique du calcul de la dose absorbée associée à l’activité administrée aux patients en radiothérapie interne sélective.
  • Réponse aux besoins spécifiques résultant du développement du calcul de dose personnalisé pour le traitement par radio-embolisation des métastases hépatiques du cancer colorectal au moyen des microsphères de 90Y SIR-Spheres, pour lequel le remboursement a été accepté en 2017 par le Ministère français des Affaires sociales et de la Santé.
  • Application de la méthodologie développée à d’autres radionucléides utilisés en imagerie quantitative (177Lu, 68Ga, etc.), selon les résultats obtenus lors de ce projet.

Partenaires

En fonction de l’avancement du projet, un partenariat avec des services de médecine nucléaire pourrait être mis en place, notamment au travers du club utilisateurs mis en place en 2020 avec la SFPM.